Nous venions de passer plus de deux heures ensemble et je terminais notre entrevue par une gamelle retentissante. Heureusement pour moi, aucun de mes copains n’était présent, la honte, à coup sûr j’aurais été la risée pendant des semaines mais ce qui était évident, c’est que j'allais bien me garder de le raconter. J’ai ma dignité, non mais.
Olya se leva, me prit dans ses bras et me colla deux vigoureux baisers sur les joues.
- A plus !
Me dit-elle, et se dirigea prestement vers le métro.
Après avoir médité quelques instants sur l’agréable moment que je venais de passer, je me décidais également à rejoindre mes copains.
- Alors c’était comment ?
Après avoir médité quelques instants sur l’agréable moment que je venais de passer, je me décidais également à rejoindre mes copains.
- Alors c’était comment ?
Firent-ils en chœur.
- Bien à vrai dire les gars, je n’ai pas beaucoup appris sur elle, enfin pas grand-chose d’intéressant pour l’instant, mais c’est une fille super chic, charmante, réservée, belle de surcroît .... Je pense que quelqu’un dans sa famille fait ou répare des pianos ou les vend et elle pense devenir avocate !
Ça ! on le savait déjà, mais pour le reste, le coup du piano, c’était vraiment du n’importe quoi, et comment leur expliquer que j’étais bercé par Aphrodite, déesse de l’amour, tout au long de son discours. Que je ne pouvais assimiler aucun de ces mots, car subjugué par les images de son visage. Bref, étais-je subitement devenu amoureux ? L’idée me traversa l’esprit quelques instants.
- Enfin ne vous en faites pas, on se reverra et j’essayerai dans savoir un peu plus cette fois-ci, mais vous savez comment sont les filles ! toujours besoin d'un siècle pour se dévoiler alors que nous, hop, un regard, un sourire, trois tirades et on lâche tout le morceau.
Et voilà ce qu’un brin de machisme arrive à nous faire dire en quelques mots. Mais peu importe, avec mes potes c’est de coutume.
- Bon les gars, faut que je vous laisse et que je rejoigne mon bercail, j’ai mon Taraz qui m’attend !
- Yep ! yep !
- Bien à vrai dire les gars, je n’ai pas beaucoup appris sur elle, enfin pas grand-chose d’intéressant pour l’instant, mais c’est une fille super chic, charmante, réservée, belle de surcroît .... Je pense que quelqu’un dans sa famille fait ou répare des pianos ou les vend et elle pense devenir avocate !
Ça ! on le savait déjà, mais pour le reste, le coup du piano, c’était vraiment du n’importe quoi, et comment leur expliquer que j’étais bercé par Aphrodite, déesse de l’amour, tout au long de son discours. Que je ne pouvais assimiler aucun de ces mots, car subjugué par les images de son visage. Bref, étais-je subitement devenu amoureux ? L’idée me traversa l’esprit quelques instants.
- Enfin ne vous en faites pas, on se reverra et j’essayerai dans savoir un peu plus cette fois-ci, mais vous savez comment sont les filles ! toujours besoin d'un siècle pour se dévoiler alors que nous, hop, un regard, un sourire, trois tirades et on lâche tout le morceau.
Et voilà ce qu’un brin de machisme arrive à nous faire dire en quelques mots. Mais peu importe, avec mes potes c’est de coutume.
- Bon les gars, faut que je vous laisse et que je rejoigne mon bercail, j’ai mon Taraz qui m’attend !
- Yep ! yep !
Firent-ils en chœur.
De retour chez moi, ma première occupation fût le ménage et remettre en place les quelques objets déplacés au hasard des ballades de Taraz.
Taraz est un chat de deux ans, mon chat, un British Shorthair, tout bleu, rond, très rond, les yeux, la tête, le corps, les pattes, tout est rond, c’est une boule, un goinfre. Toujours en quête de nourriture, déplaçant tout sur son passage, à cause de sa carrure, trop imposante, avec un comportement proche de celui du chien, mais tellement câlin et adorable que je me laisse aller à lui procurer toutes les gâteries alimentaires.
Cadeau de Noël de mes potes, ils m’avaient même proposé de le baptiser Jésus. Heureusement, cette boulimique ambulante est de nature très sociable et je lui pardonne ses écarts de conduite renversante pour tous les moments agréables de tendresse qu’il me procure.
Soudain je le vis sursauter. Il était couché sur mon téléphone portable qui venait de vibrer. Je reconnais ce numéro, c’est celui d'Olya. Tiens déjà ? me dis-je.
- Allo, c’est Olya, je voulais juste te remercier pour le moment agréable que tu m’as fait passer cet après-midi et je souhaite te rencontrer à nouveau, mais plus rapidement, enfin je n'ai pas envie d’attendre la fin de la semaine, si tu es d’accord !
Moi :
- O.K…. Bon …. Oui oui je suis d’accord ! ça ne te dérange pas de venir chez moi, un soir …. Par exemple et on se fait un ciné sur les Champs ?
Olya :
- Super, et je viens quand ?
Moi :
- Puisque tu as l’air pressée, disons demain soir !
Olya :
- Ça marche demain soir, alors à demain …. Chez toi !
Zut, qu’est-ce qu’il me prenait soudainement, voilà que j’invitais une fille chez moi, dans ma ‘casa protetta’, la ‘mia caverna’.
- Et toi Taraz, qu’est-ce que tu en penses ?
Tu parles, rien du tout, s’en fichait, se mit sur le dos les quatre pattes en l’air et ronronna. Le bienheureux, gamelle vide et panse pleine, ma baudruche n’avait plus qu’une envie, une bonne grosse gratouille sur le ventre.
Comme le lendemain je travaillais, ma soirée fût consacrée au grand nettoyage de printemps pour l’occasion. Une inspection générale fût également de rigueur.
De retour chez moi, ma première occupation fût le ménage et remettre en place les quelques objets déplacés au hasard des ballades de Taraz.
Taraz est un chat de deux ans, mon chat, un British Shorthair, tout bleu, rond, très rond, les yeux, la tête, le corps, les pattes, tout est rond, c’est une boule, un goinfre. Toujours en quête de nourriture, déplaçant tout sur son passage, à cause de sa carrure, trop imposante, avec un comportement proche de celui du chien, mais tellement câlin et adorable que je me laisse aller à lui procurer toutes les gâteries alimentaires.
Cadeau de Noël de mes potes, ils m’avaient même proposé de le baptiser Jésus. Heureusement, cette boulimique ambulante est de nature très sociable et je lui pardonne ses écarts de conduite renversante pour tous les moments agréables de tendresse qu’il me procure.
Soudain je le vis sursauter. Il était couché sur mon téléphone portable qui venait de vibrer. Je reconnais ce numéro, c’est celui d'Olya. Tiens déjà ? me dis-je.
- Allo, c’est Olya, je voulais juste te remercier pour le moment agréable que tu m’as fait passer cet après-midi et je souhaite te rencontrer à nouveau, mais plus rapidement, enfin je n'ai pas envie d’attendre la fin de la semaine, si tu es d’accord !
Moi :
- O.K…. Bon …. Oui oui je suis d’accord ! ça ne te dérange pas de venir chez moi, un soir …. Par exemple et on se fait un ciné sur les Champs ?
Olya :
- Super, et je viens quand ?
Moi :
- Puisque tu as l’air pressée, disons demain soir !
Olya :
- Ça marche demain soir, alors à demain …. Chez toi !
Zut, qu’est-ce qu’il me prenait soudainement, voilà que j’invitais une fille chez moi, dans ma ‘casa protetta’, la ‘mia caverna’.
- Et toi Taraz, qu’est-ce que tu en penses ?
Tu parles, rien du tout, s’en fichait, se mit sur le dos les quatre pattes en l’air et ronronna. Le bienheureux, gamelle vide et panse pleine, ma baudruche n’avait plus qu’une envie, une bonne grosse gratouille sur le ventre.
Comme le lendemain je travaillais, ma soirée fût consacrée au grand nettoyage de printemps pour l’occasion. Une inspection générale fût également de rigueur.
Je suis très méticuleux et j’ai horreur du capharnaüm comme chez certains de mes copains où je trouve occasionnellement des chaussettes sous le canapé et des canettes de bières abandonnées dans l’évier. Je ne suis pas d’un conformisme avéré en matière de rangement, mais au moins c’est rangé. De toutes façons, je sais qu’un jour ou l’autre, avec la venue d’une présence féminine, ce sera le grand chambardement, la révolution en quelque sorte, mais je m’y attends et je le conçois déjà à l’avance.
La journée suivante fût un peu désordonnée. Je pensais trop à ce qui pourrait se passer le soir. Je ne savais pas quelle attitude adopter. Je n’avais pas envie de lui montrer à quel point elle m’intéresse et non plus de jouer le calculateur ou le désintéressé.
Tout cela se bousculait dans ma tête, et pour cause. Ce n’était pas la rencontre avec une fille qui me posait problème, mais c’était le fait que cela se passait chez moi pour la toute première fois. Et là je me retrouvais coincé dans mes propres retranchements.
Impossible d’avoir les mêmes échappatoires qu’en étant attablé à une terrasse de café. Je sentais le piège se refermer sur moi et cela me mettait mal à l’aise. Heureusement que ma mère n’était pas à mes côtés, je l’entendrais dire : « Toi, le roi des quatre cents coups, une fille te fait peur, je rêve, c’est le monde à l’envers ». Dans le fond elle n'aurait pas eu tort.
Bon, plutôt que de continuer à extravaguer je m’étais dit de ne pas oublier d’acheter des fleurs, chose que je ne faisais plus depuis qu’un certain Taraz envahissait les hauteurs et prenait un malin plaisir à les émietter dès que j’avais le dos tourné.
La journée suivante fût un peu désordonnée. Je pensais trop à ce qui pourrait se passer le soir. Je ne savais pas quelle attitude adopter. Je n’avais pas envie de lui montrer à quel point elle m’intéresse et non plus de jouer le calculateur ou le désintéressé.
Tout cela se bousculait dans ma tête, et pour cause. Ce n’était pas la rencontre avec une fille qui me posait problème, mais c’était le fait que cela se passait chez moi pour la toute première fois. Et là je me retrouvais coincé dans mes propres retranchements.
Impossible d’avoir les mêmes échappatoires qu’en étant attablé à une terrasse de café. Je sentais le piège se refermer sur moi et cela me mettait mal à l’aise. Heureusement que ma mère n’était pas à mes côtés, je l’entendrais dire : « Toi, le roi des quatre cents coups, une fille te fait peur, je rêve, c’est le monde à l’envers ». Dans le fond elle n'aurait pas eu tort.
Bon, plutôt que de continuer à extravaguer je m’étais dit de ne pas oublier d’acheter des fleurs, chose que je ne faisais plus depuis qu’un certain Taraz envahissait les hauteurs et prenait un malin plaisir à les émietter dès que j’avais le dos tourné.
Mais il est certain que quelques fleurs dans un appartement donnent une touche féminine très agréable.
Comme à son habitude, quand je glissais les clés dans la serrure, j’entendais le miaulement rauque du félin en quête de sa ration de croquettes. Quand la porte s’ouvrit je vis que son regard se figea sur le bouquet de fleurs. Avait-il confondu fleurs et croquettes ? Non je ne le pense pas. Son regard n’était pas le même que celui opéré lors du transfert de son repas de la gamelle à l’estomac, et son attitude me fît vite comprendre que si je voulais le faire durer un temps soit peu, il fallait que je reste vigilant.
Ce soir là, j’avais décidé d’être très généreux avec ma baudruche et lui avais octroyé, à titre tout à fait exceptionnel, double ration. La vérité, c’est que je m'étais dit qu'une fois le ventre bien galbé il allait se tenir tranquille, moins de bêtises à l’horizon. Avais-je tort ou raison ? Ce n’est pas lui en tout cas qui se posa la question, trop afféré à ingurgiter ce surplus de nourriture en se filant de grands coups de langue de part et d’autre de son museau.
Comme à son habitude, quand je glissais les clés dans la serrure, j’entendais le miaulement rauque du félin en quête de sa ration de croquettes. Quand la porte s’ouvrit je vis que son regard se figea sur le bouquet de fleurs. Avait-il confondu fleurs et croquettes ? Non je ne le pense pas. Son regard n’était pas le même que celui opéré lors du transfert de son repas de la gamelle à l’estomac, et son attitude me fît vite comprendre que si je voulais le faire durer un temps soit peu, il fallait que je reste vigilant.
Ce soir là, j’avais décidé d’être très généreux avec ma baudruche et lui avais octroyé, à titre tout à fait exceptionnel, double ration. La vérité, c’est que je m'étais dit qu'une fois le ventre bien galbé il allait se tenir tranquille, moins de bêtises à l’horizon. Avais-je tort ou raison ? Ce n’est pas lui en tout cas qui se posa la question, trop afféré à ingurgiter ce surplus de nourriture en se filant de grands coups de langue de part et d’autre de son museau.
Je profitais de ces moments d’inattention pour placer mon bouquet de fleurs sur la table basse du salon et éviter ainsi de lui donner des arguments pour une virée destructrice. Après un dernier coup d’œil autour de moi, dernière vérification d’usage, dernier soupir d’appréhension, et un petit sourire de complaisance à mon organisation, j’étais fin prêt à accueillir mademoiselle Olya.
La sonnette retentit. Le chat fit un sursaut, pas vraiment habitué à me voir accueillir des visites tardives. Mon cœur se mit à battre la chamade, j’avais soudainement le souffle court. L’émotion, mon handicap, mon point faible, et pourtant il fallait que je compose avec elle ce soir. Impossible de faire marche arrière, trop tard pour annuler, plus qu’une solution, affronter.
La sonnette retentit. Le chat fit un sursaut, pas vraiment habitué à me voir accueillir des visites tardives. Mon cœur se mit à battre la chamade, j’avais soudainement le souffle court. L’émotion, mon handicap, mon point faible, et pourtant il fallait que je compose avec elle ce soir. Impossible de faire marche arrière, trop tard pour annuler, plus qu’une solution, affronter.

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